Face à un budget donné, beaucoup d’acheteurs hésitent : un bien ancien à rénover — souvent une passoire thermique, moins cher à l’achat — ou un logement neuf, plus cher mais déjà aux normes ? En 2026, avec le durcissement de la réglementation énergétique, ce choix mérite un vrai calcul plutôt qu’une intuition. Faisons-le, chiffres et règles à l’appui.
Une passoire thermique est un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE). La loi Climat et Résilience en organise la disparition progressive du marché locatif, selon un calendrier qui, à ce jour, n’a pas bougé :
S’y ajoutent un gel des loyers des passoires depuis 2022 et l’obligation d’un audit énergétique en cas de vente d’un bien F ou G. Deux évolutions récentes nuancent toutefois le tableau : la réforme du calcul du DPE entrée en vigueur au 1er janvier 2026 a fait sortir environ 700 000 logements du statut de passoire sans aucun travaux (surtout des logements chauffés à l’électricité) ; et un projet de loi « Relance logement » envisage de rouvrir la location aux passoires sous condition d’un engagement de travaux. Mais ce texte n’est pas voté : les règles ci-dessus s’appliquent pleinement.
Pour un propriétaire, le message est clair : un bien F ou G est un actif sous contrainte réglementaire, dont la valeur et la louabilité dépendent de travaux à venir.
Sortir une passoire suppose une rénovation d’ampleur : pour bénéficier des aides, les travaux doivent faire gagner au moins deux classes énergétiques (par exemple passer de F à D). On parle d’isolation, de changement de système de chauffage, de ventilation, de menuiseries — rarement d’un seul geste.
Les ordres de grandeur, en 2026, situent une rénovation moyenne autour de 750 à 1 500 €/m², et une rénovation lourde de 2 000 à 4 000 €/m². Pour une maison, le budget se chiffre donc couramment en plusieurs dizaines de milliers d’euros, auxquels s’ajoutent l’audit énergétique préalable (1 000 à 2 000 €) et l’accompagnement obligatoire par un « Mon Accompagnateur Rénov’ ». Sans oublier ce qui ne se chiffre pas d’emblée : les délais et les aléas d’un chantier.
Les dispositifs existent et sont substantiels. MaPrimeRénov’ Rénovation globale peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une sortie de passoire, et se cumule avec l’éco-prêt à taux zéro (jusqu’à 50 000 €), la TVA à 5,5 % et certaines aides locales.
Mais ces aides sont conditionnées : logement de plus de 15 ans, artisan RGE, audit préalable, accompagnement obligatoire, et un montant qui dépend de vos revenus (les barèmes 2026 ont d’ailleurs été revus à la baisse pour certains profils). Pour beaucoup de ménages, le reste à charge demeure significatif — il faut donc raisonner sur le coût net, après aides, et non sur le coût brut affiché.
À l’autre bout du choix, le logement neuf change la nature du problème. Construit selon la norme RE2020, il affiche d’emblée un DPE A ou B. Concrètement, cela signifie :
Le neuf coûte plus cher au mètre carré, mais il supprime à la fois le chantier, l’incertitude réglementaire et la dérive des charges.
L’erreur classique est de comparer les seuls prix d’achat. Le bon réflexe est de raisonner en coût complet et en horizon de détention, en intégrant ce qui est souvent invisible au départ :
| Ancien à rénover (passoire) | Neuf (RE2020) | |
|---|---|---|
| Prix d’achat au m² | Plus bas | Plus élevé |
| Frais de notaire | 7 à 8 % | 2 à 3 % |
| Travaux énergétiques | Rénovation d’ampleur à prévoir | Aucun |
| Performance (DPE) | À reconstruire (viser A–C) | A ou B d’emblée |
| Charges d’énergie | Élevées tant que non rénové | Maîtrisées |
| Contraintes réglementaires | Interdiction de louer, audit, gel des loyers | Aucune |
| Délai avant emménagement / location | Chantier + aléas | Livré clés en main |
Une fois additionnés le prix d’achat, les frais de notaire élevés et un budget travaux conséquent, l’écart entre un ancien à rénover et un neuf équivalent se resserre fortement — et le neuf efface en prime le risque réglementaire et les charges.
La rénovation garde tout son sens si vous tenez à un bien ou à un emplacement précis, si vous êtes éligible à un niveau d’aides élevé, et si vous acceptez de mener un chantier. C’est un projet exigeant mais qui valorise durablement le patrimoine — et, pour une opération d’ampleur, mieux vaut s’appuyer sur un professionnel qui maîtrise la rénovation lourde, comme notre filiale KOGEN.
Le neuf, lui, a du sens si vous recherchez la tranquillité : pas de travaux, des charges maîtrisées, et zéro risque énergétique réglementaire. Pour un investisseur, cet avantage pèse particulièrement lourd, puisque le bien reste louable sans contrainte — et peut s’inscrire dans le nouveau cadre fiscal 2026 (voir notre page Investir dans l’immobilier).
En 2026, comparer une passoire à rénover et un logement neuf sur le seul prix d’achat est trompeur. Une fois pris en compte les frais de notaire, le coût net des travaux après aides, les charges et surtout le risque réglementaire qui pèse sur les biens F et G, le neuf redevient un choix très compétitif — et nettement plus serein.
Vous étudiez un achat dans le neuf ? Découvrez le programme PANORAMIK à Voreppe ou contactez les équipes Katrimmo pour faire le point sur votre projet.
Information à jour en juin 2026. Le cadre réglementaire et les aides évoluent (réforme du DPE, projet de loi « Relance logement », barèmes MaPrimeRénov’) ; vérifiez les règles applicables au moment de votre projet. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil personnalisé.
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